Vous vous souvenez de Julio ? Mon pantalon de pyjama que j’ai finalement décidé de porter dans la vie de tous les jours ? Eh bien, il était censé s’accorder avec un haut. Au début, j’ai bien évidemment pensé à la veste Pierrot, mais j’avais tout laissé en stand-by et le tissu était resté là. Jusqu’au jour où j’ai eu le patron Poésie de Popeline et Linon en main.

tous ces petits détails, ça peut faire peur

Poésie est une veste assez complexe avec des poches passepoilées et un col tailleur. Mais le rendu était si beau que j’ai voulu tenter le coup.

ni une ni deux on se met à la coupe

Je trouvais la veste un peu courte alors j’ai décidé d’ajouter une quinzaine de centimètres. En plus de ça, j’ai fait un revers à même au lieu de le faire rapporté. Je sais ce que vous allez dire… mais que voulez-vous j’aime bien me compliquer la vie. Et ma passion des finitions propres a pris le dessus ce jour-là.

La crêpe de polyester étant très fluide j’ai décidé de thermocoller mon col, ma parementure devant et celle du dos. Après coup, je pense que j’aurais dû aussi en mettre sur les passepoils.  Mais bon, on apprend de ses erreurs.

commencer par le plus dur

Avec Poésie, il ne faut pas avoir froid aux yeux et vouloir se lancer dans le grand bain des poches passepoilées. Cela faisait des années que je n’en avais pas fait (peut-être parce que j’en ai cousu beaucoup à l’école qui n’étaient jamais assez bien). Du coup sur le coup j’ai eu peur, même très très peur. Mais j’ai respiré profondément et j’ai pris le temps nécessaire pour les faire bien. Ce n’était pas facile pour autant et avec ma matière très légère j’avais une difficulté supplémentaire. En plus, après les avoir cousues je me suis rendu compte que le poids du fond de poche les faisait s’ouvrir automatiquement.

Mais qui a besoin de vraies poches sur une veste aussi légère ? Du coup, je les ai simplement fermées avec un point très lâche. Je trouve le rendu bien plus net, mais je crois qu’il va falloir que je m’entraîne un peu sur les poches passepoilés qui sont encore loin d’être parfaites.

ensuite : le col

Après avoir passé la première étape difficile, j’ai directement enchaîné sur la seconde. Mais si vous faites partie de la team « je me décourage si ça ne se monte pas vite », vous pouvez bien sûr coudre les manches, les côtés et tout le tralala avant de faire le col. Mais si comme moi vous aimez vous « débarrasser » du plus dur pour terminer par le plus simple, vous aurez besoin d’une petite dose de courage.

Car ce n’est pas n’importe quel col que Linda a décidé d’ajouter à son modèle. Il s’agit du col tailleur. Ça peut faire peur, mais si on prend le temps et que l’on est assez minutieux le rendu est largement à la hauteur du travail. Et vous serez particulièrement fièr (e) s d’avoir gravi le sommet de la montagne du col tailleur.

Il y a quelque temps, j’ai découvert une technique pour coudre des festons qui consiste à régler les points de sa machine au minimum pour être plus précis dans les arrondis. Je vous conseille vivement de l’appliquer sur ce col, le rendu sera bien plus joli.

le reste de la veste fabriqué en deux heures

Une fois les deux montages difficiles réalisés, il ne vous reste que des coutures simples à faire. Poésie, c’est un peu comme si l’on bravait une tempête et qu’on arrivait sur un long fleuve tranquille ensuite. Je n’ai pas compté exactement le temps passé dessus, mais je pense que 8 h de fabrication c’est la moyenne. J’ai adoré dépasser mes limites en réalisant les poches et le col. C’était un peu comme retourner à l’école, mais en mieux parce que j’avais le droit à l’erreur. Du coup, cette veste n’est pas parfaite, mais comme on dit : « done is better than perfect »

Et en plus, elle va hyper bien avec ma jupe Ada.

Petit +

  • la fierté ressentie après avoir survécu à la tempête des poches passepoilées et du col tailleur
  • elle est vraiment bien coupée. À part la longueur du bas et des manches, je n’ai rien touché d’autre.
  • un patron qu’on peut utiliser en pyjama ou en veste de tous les jours

Petit —

  • ça serait bien d’avoir un tracé pour pouvoir allonger la veste (pour la mienne, j’ai utilisé mon pif et du coup elle est un peu tordue)

Patronage : Poésie de Popeline et Linon x petites choses

Tissu : crêpe polyester, marché de Vénissieux