Heu, c’est quoi ce mot ? Agnostique, signifie que je ne me prononce pas sur l’existence de Dieu. Je ne suis pas baptisé et néanmoins j’ai été dans une école catholique. Je n’adhère à aucune religion et pourtant cette année j’ai participé au carême.

d’où ça vient cette histoire ?

Alors je ne me rappelle plus bien de quoi c’est parti. Mais je sais pourquoi je l’ai fait. Je suis une addict au sucre et depuis plusieurs mois mon rythme alimentaire n’était pas des plus sains. Entre les pizzas dominos, les kit kat et autres cochonneries en tout genre je me suis soudain sentie piégée dans une routine que je n’appréciais pas tellement. Et puis il fallait voir les déchets que ça entraînait et rien que pour ça je suis assez fière de me dire que j’ai un peu aidé à sauver la planète (à mon échelle bien évidemment)

pourquoi le carême ? et pas un vulgaire défi de trente jours ?

Tout simplement parce que le carême sonne plus solennel. Et que malgré le fait que je ne suis pas « croyante » je suis tout de même née dans une famille chrétienne et que j’ai beaucoup de respect pour cette religion (et toutes les autres religions d’ailleurs). Cela m’a donc donné envie de faire ce carême avec engagement tout en ajoutant ma petite touche personnelle.

mais en vrai c’était quoi ce « défi » ?

J’ai choisi d’éliminer les produits transformés de ma vie pendant 40 jours. On va dire que j’ai mis une échelle dans ma tête et que j’ai sélectionné ce que je devais consommer ou non. Par exemple, les pâtes sont des produits transformés, mais j’en ai quand même mangé. Le chocolat également, mais attention pas tout type de chocolat. J’ai regardé avec attention chaque étiquette des aliments que j’achetais et je ne prenais que ceux contenant exclusivement de composants que je connaissais et que je comprenais.

et vis-à-vis des autres ?

Le plus dur reste toujours le côté social quand cela touche l’alimentaire. Je suis végétarienne alors j’ai eu à faire face à beaucoup de questionnement/commentaires de la part de mon entourage. Autant vous dire que je suis habituée et perpétuellement prête à faire valoir mes convictions. Cela m’a parfois procuré l’étiquette de « bobo de service qui fait toujours plein d’expériences bizarres ». En ce début de carême, ma responsable nous a apporté des croissants de chez Marie Blachère pour nous remercier de notre travail. Hors de question que je mange un truc qui provient d’une chaîne industrielle.

J’ai naturellement refusé, mais je me suis jointe à toutes mes collègues accompagnée de mon thermos pour ne pas perdre ce moment de convivialité. Il faut savoir que je ne dis jamais non aux viennoiseries habituellement, du coup il n’a pas fallu longtemps avant que mes collègues ne le remarquent et que les questions fusent. Ce sont des personnes très ouvertes, et même si elles ont dû se dire « encore un truc à la Ludivine » eh bah je trouve ça chouette de n’avoir ressenti aucun jugement de leur part. Et pour ma part, je me suis sentie très fière d’avoir su expliquer mes convictions, mais aussi d’avoir réussi à dire non à ce croissant.

embarquer une seconde personne pour se motiver

Parce que la mise en place de bonnes habitudes fonctionne mieux lorsque l’on a quelqu’un à qui raconter ses victoires et ses doutes j’ai fait ce carême avec un ami. Lui n’avait pas le même objectif, mais on s’est soutenu tout au long de ces quarante jours. On a fait un pacte en début de carême qui stipulait qu’on avait le droit de craquer une fois par semaine maximum. Entre autres parce que son défi était de ne plus manger au restaurant et que le côté social en pâtirait trop. Pour ma part, j’ai succombé à un pain au chocolat certains week-ends et j’ai fait une pause le jour de mon anniversaire que j’ai rattrapé à la fin du carême.

le verdict

Hier, c’était Pâques qui sonne la fin du carême. Ces quarante jours mon vraiment fait du bien. J’ai pris conscience de ce que je mangeais et que je pouvais rayer certains aliments de ma vie. Et même si j’ai fait quelques légères entorses je suis fière d’avoir accompli ce carême jusqu’au bout et de m’être accrochée à mes convictions.